Le blog des éditions Libertalia

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Un anarchiste espagnol

mardi 14 avril 2009 :: Permalien

C’est une bien triste nouvelle que m’annonce le copain des éditions Rue des Cascades.
Diego Camacho, plus connu sous le pseudonyme d’Abel Paz, vient de mourir.
Historien de la Révolution espagnole, il avait participé tout jeune aux occupations et collectivisations menées par la CNT en Catalogne, en 1936-1937.
Il nous reste ses livres, qui ont fait vibrer tout militant libertaire : Barcelone 1936 (La Digitale) et Durruti (les éditions de Paris).

N.N.

En attendant le Manuel de Marighela

mercredi 1er avril 2009 :: Permalien

En ce moment, on bosse sur la réédition du Manuel du guérillero urbain (lien), le célèbre texte de Carlos Marighela. Cela signifie qu’on vit avec le texte : on rêve de Marighela et des guérillas sud-américaines. On fouine, on glane. Coups de fil aux vieux militants pour mesurer son impact réel, passages dans les bibliothèques pour retrouver toutes les éditions en français, en espagnol, en portugais, discussions avec des documentalistes passionnés, on est en pleine pêche aux infos. C’est grisant, surtout quand le texte lui-même se révèle assez « explosif ». Il y a quelques semaines, pour Barricata et à l’occasion de la publication de sa thèse aux éditions La Découverte sous le titre L’Ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, j’avais posé quelques questions à Mathieu, le copain qui signe la préface du Manuel. La voici.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la « doctrine de la guerre révolutionnaire », que tu développes dans ton livre ?

Une doctrine militaire est un répertoire de discours et de pratiques permettant à l’armée d’imposer en son sein ainsi que dans la société, une représentation systématique de « ce qui menace l’État et sa population » et de codifier les « bonnes manières » de surveiller, encadrer ou écraser ces menaces. La doctrine de la guerre révolutionnaire a été conçue durant les guerres coloniales d’Indochine, du Maroc et d’Algérie par l’armée française puis enseignée aux armées des États-Unis, des néocolonies africaines ou d’Amérique du Sud en quête d’une technologie susceptible de détruire ou de paralyser les mouvements révolutionnaires qui s’y développaient. Dans le contexte de la guerre froide, la France est considérée comme le rempart européen de l’Otan face au « monde communiste », on cherche à savoir comment l’ennemi soviétique arrivera à empêcher le « monde libre » de se servir de l’arme nucléaire pour riposter à une attaque « rouge », c’est-à-dire à cerner les populations susceptibles de servir de Ve colonne, de se constituer en ennemi intérieur pour déstabiliser le pouvoir en place. Sur ce principe, l’ensemble des formes d’insoumission anticolonialiste furent considérées comme les manipulations d’une pieuvre communiste terrorisant les populations colonisées de manière à les enrôler pour fragiliser l’Empire. La doctrine de la guerre révolutionnaire devient une doctrine d’État de 1953 à 1960, officielle et légitime, enseignée à l’ensemble de la classe politique et à la majorité des appelés du contingent forcés à combattre en Algérie. Elle considère que la terreur d’État est une réponse légitime face à la « subversion révolutionnaire » et va employer le terrain colonial comme un vaste laboratoire pour connecter et systématiser l’emploi d’un certain nombre de pratiques de coercition du corps et de l’esprit : action et guerre psychologique, fichage, torture industrielle, déplacements et internements de populations, quadrillage militaro-policier du territoire, assassinats ciblés ou massifs, disparitions forcées, emploi de forces spéciales pour de vraies-fausses exactions… La doctrine de la guerre révolutionnaire appelle notamment à militariser le pouvoir, l’État et la société pour venir à bout de toutes les formes de subversion et purifier la société, elle constitue une sorte de révolution technologique dans l’histoire du contrôle des êtres humains : la mise à disposition de la classe dominante d’une matrice idéologique et d’une boîte à outils appelant à désigner l’ennemi intérieur, voire à le fabriquer pour mieux rétablir l’ordre, l’émergence d’une machine rationalisée de gestion de la peur dans la population, pour l’amener à sous-traiter le contrôle, à participer à sa propre domination.

En quoi ce concept nous concerne-t-il encore aujourd’hui ?

Amener la population à collaborer avec l’État pour maintenir l’ordre est l’un des piliers du modèle de domination médiatico-sécuritaire, il s’agit de rentabiliser et de rationaliser le contrôle social. Un autre de ces piliers consiste à organiser la production du désordre pour générer des marchés économiques, politiques et symboliques dans le cadre du « retour à l’ordre ». Mon livre montre que la doctrine de la guerre révolutionnaire ou « contre-subversion » n’a pas disparu lorsqu’elle a été interdite en 1960 mais qu’au contraire, elle avait profondément influencé les classes dirigeantes qui ont mis en place les premiers dispositifs sécuritaires dans l’après 1968 pour « écraser la subversion gauchiste ». J’y explique comment à travers la lutte antimigratoire, l’antiterrorisme, la lutte contre les incivilités et les violences urbaines ou la criminalisation des mouvements sociaux, une grille de lecture s’est imposée, largement inspirée par celle de la contre-subversion.

Tu peux nous en dire un peu plus sur cette notion d « ennemi intérieur » ?

Partout où il existe des formes d’autorité centralisée, on observe la désignation d’un personnage récurrent, venant d’ailleurs et qui importerait au cœur du groupe « sain » les germes du désordre. Purger l’ennemi intérieur est un principe anthropologique, cela permet aux dominants de dissuader les uns de se révolter, s’ils ne veulent pas finir comme bouc émissaire et de masquer les rapports de domination aux autres. La purge publique semble par ailleurs souder autour du chef protecteur autoproclamé les parties de la population effrayées. Des sociologues comme Alfred Schütz ou Georg Simmel ont observé l’existence de ce principe dans des groupes sociaux très différents, des anthropologues comme René Girard ont étudié la récurrence de la fonction de bouc émissaire dans les sociétés monothéistes et le juriste nazi Carl Schmitt en a fait le centre de sa conception de l’État moderne. Il concevait la toute jeune Ve République française, née en 1958 d’un coup d’État militaire censé sauver l’Empire face à la menace combinée des communistes et des colonisés insurgés, comme un modèle de souveraineté, le prototype d’un État contre-subversif œuvrant pour la purification de la société.

Comment expliques-tu le recours à cette notion dans l’antiterrorisme aujourd’hui au sommet de l’État ?

Ceci est lié à la transformation de la grille de lecture contre-subversive en « pièce et règle du jeu politique » dans le modèle sécuritaire. L’antiterrorisme est une machine qui tend à désigner toute forme d’insoumission comme un ferment « révolutionnaire », c’est-à-dire comme le germe du chaos à venir, mais c’est aussi un laboratoire où l’on crée de nouveaux marchés politiques et économiques : désigner l’ennemi intérieur, le fabriquer pour mieux le saisir et l’écraser publiquement est devenu une mécanique, un savoir-faire à la disposition des fractions de la classe dominante.

L’édition du Monde du 5 février constate que 1 % de la population a été gardée à vue en 2008, le chiffre est faramineux. Qu’est-ce que tu en penses ?

En fait, ils parlent de 600 000 gardés à vue je crois. On peut imaginer qu’une large partie d’entre eux a subi en fait de nombreuses GAV et qu’il ne s’agit donc pas de 1 % de la population. De toute manière, la forme du pouvoir dépend du territoire, du corps sur lequel il s’applique, de la classe socio-économique de ceux qu’il encadre. Si le modèle sécuritaire désigne un bouc émissaire, c’est pour contrôler les classes populaires, pas l’ensemble de la population. La « population » est une catégorie mythologique qui permet à l’État de se considérer en garant et comptable du cheptel humain (« statistique », étymologiquement, signifie comptabilité d’État). Elle laisse entendre qu’il existerait une communauté d’existence entre les oppresseurs et les opprimés, quelque chose qui les unirait par-delà les rapports de domination qui les opposent et, en général, il s’agit de « la nation ». Il va sans dire que, même si des « mâles blancs riches » peuvent y être confrontés, disons quasiment « par erreur », c’est bien l’encadrement, la surveillance et la répression des pauvres en général et des descendants des colonisés en particulier qui alimentent cette statistique.

Au cours de l’affaire de Tarnac, on a entendu parler d’Alain Bauer. Il a obtenu une chaire de criminologie au Cnam. Que sais-tu de ce sinistre personnage ?

Le parcours d’Alain Bauer symbolise assez bien le déploiement de l’ordre médiatico-sécuritaire et des coalitions économiques et politiques qui s’en font les apôtres. Se présentant comme un « expert de la sécurité et de l’insécurité » de gauche, il a notamment fourni l’appareil idéologique dont le PS s’est servi en 1997 lorsqu’au colloque de Villepinte, il officialisait sa conversion sécuritaire. C’est une personne qui dispose de relations importantes dans les grands médias et les grands partis, de gauche comme de droite, qui a créé une entreprise (AB Associates) vendant des audits et conseils en sécurité ainsi que du matériel de sécurisation. Il a été durant plusieurs années à la tête du Grand Orient de France, l’une des plus puissantes loges maçonniques, ne cesse de publier des livres et d’intervenir à la télévision et à la radio, aux heures de grande écoute, pour dénoncer le laxisme des institutions face aux périls des « nouvelles menaces » et rappeler la nécessité de convoquer des experts comme lui. Après avoir navigué à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure, il a été nommé directeur de l’Observatoire national de la délinquance. Il supervise actuellement la fusion des instituts d’étude de la sécurité intérieure et de la défense. Dans l’affaire de Tarnac, il avait acheté et fait circuler de nombreux exemplaires de L’Insurrection qui vient pour convaincre le ministère de l’Intérieur qu’il avait enfin trouvé une tête, une organisation à terrasser afin de donner corps à la « mouvance anarcho-autonome », ce spectre médiatico-policier né de la peur à l’intérieur de l’État de voir se réaliser une alliance effective entre les révoltés des quartiers populaires et le mouvement révolutionnaire libertaire. Sa nomination à la chaire de criminologie du Cnam va lui fournir une forme de légitimation scientifique que jusque-là seuls les grands médias lui attribuaient, ça ne devrait pas changer grand-chose mais c’est le signe que l’industrialisation des machines médiatico-sécuritaires est loin de s’essouffler.

Comment vois-tu le futur ?

Je ne suis pas devin et le futur n’est qu’une représentation, mais en façonnant nos pratiques et nos engagements, cet imaginaire s’autoréalise parfois : le règne du carnage capitaliste ne peut perdurer que si les opprimés pensent que le « meilleur des mondes » est une sorte de monstre indestructible. Et c’est ce qu’il cherche en nous montrant en permanence ses « appareils de pouvoir » : nous effrayer, nous faire perdre espoir. La pulsion sécuritaire relève à la fois de l’exhibitionnisme et de la paranoïa des classes possédantes. Dans tous les cas, catastrophe écologique ou pas, le capitalisme globalisé ne s’effondrera pas tout seul. Comprenons bien que c’est une machine de machines et que nous sommes toutes et tous, en puissance, de joyeux mécaniciens. Convainquons-nous que toute commence ici et maintenant, que la domination du maître sur l’esclave et leur interdépendance ne cesse qu’à la seconde où l’esclave décide ne plus rien négocier avec son maître et que les rapports autoritaires, hiérarchiques et bureaucratiques sont les courroies de transmission du pouvoir au sein de nos combats pour l’émancipation. Nos « ennemis intérieurs » ne sont pas les « mous », les « infiltrés », les « ambigus », les « différents », que sais-je, mais notre disposition à reproduire au cœur de nos révoltes des schémas sociaux calqués sur les rapports de pouvoir économiques et politiques, racialisés et sexués. Arrêtons de négocier, ne laissons personne être notre représentant ni émerger aucun leader car toute tête qui dépassera servira de bouc émissaire. N’acceptons aucune trace d’autorité au sein de nos formes d’organisation, quels que soient nos partis pris à ce niveau-là. Tu me contrediras si je me trompe, mais l’exact contraire de « sécuritaire », je crois bien que c’est « libertaire ».

Non c’est non

mardi 24 mars 2009 :: Permalien

Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes
qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire

D’une façon générale, il faut être attentif à tout ce que publie le label Zones, lié aux éditions La Découverte : Petite histoire de la voiture piégée de Mike Davis, Nyark Nyark de notre copain Arno dit « Rude Boy », Les Bandits d’Eric Hobsbawm, L’Ultime combat de Bernard Goldstein, la ligne éditoriale est éclectique et engagée.

Il y a quelques mois, Zones a publié un texte intéressant d’Irène Zeilinger, une sociologue et formatrice d’autodéfense pour femmes. En quinze ans de pratique, celle-ci a travaillé avec plus de 3 000 femmes qui ont été les cibles d’interpellations, de harcèlement, d’agressions verbales, physiques et sexuelles. Dans son manuel, elle décrypte d’abord les formes et les raisons de la violence puis explique ce qu’est l’autodéfense féminine et comment elle fonctionne. Les stratégies de défense sont déclinées à l’envi : poser les limites, déstabiliser l’adversaire par la parole, pratiquer la désescalade, se défendre physiquement, etc. Irène Zeilinger pratique le Seito Boei, un concept qui intègre des techniques empruntées au Jiu-jitsu et au Kung-fu. Comme elle, franchissez le pas, pour qu’enfin les hommes comprennent que « non, ça veut dire non ! ».

Non c’est non d’Irène Zeilinger est publié aux éditions Zones (lien).

On les appelait les « Enragés »

vendredi 20 mars 2009 :: Permalien

Claude Guillon vient de publier Notre patience est à bout, une anthologie commentée d’écrits des Enragés. Ceux qu’on appelait ainsi ont incarné la frange la plus radicale de la Révolution française en 1792-1793. Présents à Paris et à Lyon, dans les sociétés populaires, les clubs et les émeutes, ils ont développé nombre d’idées et de pratiques qui nourrissent encore nos luttes : démocratie directe, droit de tous aux produits de base, rejet des spéculateurs et des agioteurs, pleine citoyenneté des femmes, etc. Ce qui est surprenant dans ces textes d’une brûlante actualité, c’est également la critique qui était formulée à leur encontre : « anarchie », « irresponsabilité », l’éternel discours des nantis. Exemple. En novembre 1792, Brissot, le chef de file des Girondins écrit : «  Je veux aujourd’hui l’ordre contre les anarchistes parce qu’il n’y a plus de roi. J’ai marché au républicanisme pour avoir l’ordre ; je veux l’ordre pour conserver le républicanisme. » Minorés par l’historiographie marxiste (Mathiez, Soboul), rejetés par les libéraux, il fallut attendre les travaux de Maurice Dommanget, Daniel Guérin et enfin Claude Guillon pour rendre justice aux Enragés Jacques Roux, Varlet ou Pauline Léon.

Extraits choisis du Manifeste des Enragés.

« La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche par le monopole exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution s’opère, de jour en jour, par le prix des denrées, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. »

« Députés de la Montagne, que n’êtes-vous montés depuis le troisième jusqu’au neuvième étage des maisons de cette ville révolutionnaire, vous auriez été attendris par les larmes et les gémissements d’un peuple immense sans pain et sans vêtements, réduit à cet état de détresse et de malheur par l’agiotage et les accaparements, parce que les lois ont été cruelles à l’égard du pauvre, parce qu’elles n’ont été faites que par les riches et pour les riches. »

Notre patience est à bout. 1792-1793, les écrits des Enragés est publié aux Éditions Imho (lien), dans la collection Radicaux libres.

Le Deuil de l’innocence

jeudi 19 mars 2009 :: Permalien

De mémoire (2).
Le deuil de l’innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone.
Jann-Marc Rouillan

« Condamné à vie, je survis à l’ombre de murs depuis février 1987. Après plus de vingt ans de prison, les juges me reprochent la “permanence de ma conviction extrémiste et radicale”. Je ne sortirai pas cette année, ni la prochaine. » Ainsi s’achève le deuxième volet des Mémoires de J-M Rouillan, l’ancien leader d’Action directe réincarcéré en novembre 2008 alors qu’il jouissait d’un régime de semi-liberté depuis près d’un an. Dans son récit, il revient plus particulièrement sur les dernières semaines du Mouvement ibérique de libération (MIL) dont il a été l’un des membres. En filigrane, on suit le parcours de son camarade Salvador Puig Antich, qui fut le dernier condamné à mort politique à subir le supplice du garrot dans l’Espagne de Franco. Depuis Je hais les matins (Denoël, 2001), J-M Rouillan a publié huit livres. Dans celui-ci, on retrouve tout ce qui fait la force de cet auteur d’exception : une écriture très imagée, qui mêle expression des sens et souvenirs, apprentissage politique et mémoire militante. J-M Rouillan raconte ses années post-68, celles du « Mai piu senza fucile » (plus jamais sans fusil), celles où tout semblait possible. On a désormais hâte de lire la suite. Libérez-le !

« Derrière un pilier, près de l’entrée, quelques vétérans s’approvisionnent en revues avant de retourner dans la salle ravitailler en douce de vieilles connaissances. Tous en habit du dimanche, ils sont plus vieux les uns que les autres. Ce sont nos compagnons illégalistes, ceux de juillet 1936 de mai 1937, ceux de la collectivisation et du front d’Aragon, ceux de la Retirada et des camps de concentration, ceux des maquis et de la guérilla des années 1950. Ceux que nous appelions encore (malgré les quatre-vingt-dix ans passés de certains) les Juventudes, les « Jeunesses », parce qu’ils resteront affiliés à leurs organisations du temps de la révolution jusqu’à leur dernier souffle. À y regarder de près, ces vieux-là sont plus frais que de nombreux jeunes libertaires de l’après-68. À toute heure du jour et de la nuit, les Juventudes se tiennent prêts à l’aventure. Avec eux, impossible de rester désarmés – au cas où… ; sans faux papiers – au cas où… ; sans appartements clandestins – au cas où… Je suis certain que quelques-uns se sont fait enterrer avec leurs pistolets – au cas où…  »

De mémoire, tome 2 de Jann-Marc Rouillan est publié chez Agone (lien).

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