Le blog des éditions Libertalia

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Jean Birnbaum sur France Culture à propos de La Fabrique du Musulman

jeudi 8 juin 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Dans le cadre de l’émission Les Trois minutes des partenaires du 8 juin 2017 sur France Culture, Jean Birnbaum présente La Fabrique du Musulman, de Nedjib Sidi Moussa.
www.franceculture.fr/emissions/les-trois-minutes-des-partenaires

Jean Stern dans l’émission Un jour dans le monde

jeudi 8 juin 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Jean Stern participait à l’émission Un jour dans le monde du 7 juin 2017, France Inter, sur le thème « Être gay à Tel-Aviv » :
www.franceinter.fr/emissions/un-jour-dans-le-monde/un-jour-dans-le-monde-07-juin-2017

L’École du peuple sur Slate.fr

vendredi 2 juin 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Véronique Decker, par Yann Levy, 2017.

Publié sur Slate.fr, le 2 juin 2017.
Photo Yann Levy / Hans Lucas.

Une enseignante extraordinaire raconte ce que les enfants et les familles vivent aujourd’hui

Des livres sur l’école, j’en lis vraiment beaucoup, certains me marquent plus que d’autres. C’est le cas des deux ouvrages de Véronique Decker, directrice d’école à Bobigny, Seine-Saint-Denis. Le dernier est intitulé L’École du peuple, soit 64 récits tirés de son quotidien. Il est sorti le 1er juin aux éditions Libertalia et coûte 10 euros. Peu de pages, mais une immense émotion et une profonde réflexion sur l’école dans les quartiers populaires dans ce livre aussi précis qu’empathique. Il y est vraiment question des enfants, de leurs parents, de leur vie. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce constat révolte et réveille.

Enseigner dans les quartiers populaires, enseigner partout finalement, c’est se frotter à des réalités différentes des siennes. Parfois âpres, car tous les enfants de France ne sont pas élevés dans du coton, loin de là. Pendant la campagne présidentielle, l’Unicef rappelait ainsi que trois millions de mineurs vivent, en France, sous le seuil de pauvreté :

« La pauvreté des enfants ne baisse pas depuis la crise de 2008, l’école de la République ne parvient pas à résorber les inégalités sociales, des enfants vivent toujours en bidonville avec un accès plus que précaire aux services de base auxquels ils ont droit. Les chances de s’épanouir, d’apprendre, de réussir ne sont pas les mêmes pour tous et les inégalités s’accentuent. »

« On revient au XIXe siècle »

Si vous voulez comprendre comment on en est arrivé là, allez enseigner dans une classe d’un quartier populaire, rural ou urbain, vous y verrez des enfants dont l’existence est probablement terriblement plus compliquée que la vôtre. Cela commence avec la santé, explique Véronique Decker :

« Beaucoup d’enfants de mon école auraient besoin d’une visite chez le dentiste mais n’y vont pas malgré leurs carries. C’est trop compliqué de les y emmener. Une élève de l’école avait besoin de lunettes, sa mère, n’ayant plus de mutuelle, lui a simplement prêté les siennes. On revient au XIXe siècle ! »

Cela ravive en moi le souvenir d’un élève de quatrième dont j’ai été l’enseignante quelques mois il y a deux ans, il clignait beaucoup des yeux… Il avait des difficultés de lecture et je le croyais un peu ahuri. L’année suivante, j’ai appris qu’il avait une grave maladie qui allait le rendre malvoyant pour toujours. Personne n’avait pensé à l’envoyer chez un ophtalmo, pas de visite médicale, d’infirmière scolaire, on peut devenir aveugle comme ça, au XXIe siècle.

Dans son ouvrage, Véronique Decker s’inquiète aussi du surpoids de nombre des enfants qu’elle considère « élevés au sucre ». L’obésité est aussi une maladie sociale : la Croix-Rouge nous apprend ce mercredi 30 que pas moins de 13 000 étudiants parisiens sautent 4 à 6 repas par semaine. En même temps, où sont les médecins scolaires qui assurent la prévention ? Manifestement, pas aux endroits où on a le plus besoin d’eux, comme à Bobigny :

« Nous devrions avoir trois médecins scolaires à Bobigny, mais ils ne sont pas pourvus et nous n’avons qu’un demi-poste. Les salaires sont tellement bas… Il faudrait être un fou républicain pour venir travailler ici comme médecin scolaire. »

« On a les problèmes sociaux, on peut pas tout avoir »

Cette pénurie de moyens humains s’étend aux emplois sociaux. Dans L’École du peuple, Véronique Decker souligne à quel point les assistantes sociales sont en nombre insuffisant pour les familles de Seine-Saint-Denis : « Il n’y en qu’à Paris ! Nous, on a les problèmes sociaux, on peut pas tout avoir », rigole-t-elle, amèrement. Dans les écoles, le boulot des assistantes sociales, c’est parfois le personnel scolaire qui doit le faire, continue la directrice :

« Je passe beaucoup de temps à faire des tâches d’assistante sociale parce qu’on manque de moyens humains. Et puis la dématérialisation de l’aide sociale est délirante : pour obtenir l’aide du département à l’entrée au collège (200 euros), il faut scanner un justificatif de domicile et obtenir un code auprès du collège. Il faut être connecté, bon lecteur et bien au fait des procédures administratives pour s’y retrouver, les familles qui en ont le plus besoin finissent par abandonner, cette aide profite à ceux qui en ont le moins besoin et pas aux autres. »

Lire le petit livre de Véronique Decker, c’est entrer dans la peau d’une directrice d’école qui voit des gamins sans domicile fixe. Parce que la rénovation urbaine en banlieue a abouti à la destruction de beaucoup de logements sociaux remplacés par de l’accession à la propriété, explique la directrice. Des familles se retrouvent en carafe, logés de manière précaire chez des parents et, un jour, des élèves n’ont plus d’endroits où dormir (on est toujours en France, en 2017). Vous vous verriez dire « à demain » à un enfant de 8 ans qui ne sait pas où il va dormir ? C’est ce que doivent faire certains enseignants, plus nombreux qu’on ne le pense. À lire le livre, on a les larmes qui montent aux yeux et on ne peut s’empêcher d’éprouver une énorme colère. Véronique Decker répète comme une comptine le message d’attente du 115 de la Seine-Saint-Denis, qui met tant de temps à répondre :

« J’ai de plus en plus d’élèves pour qui on appelle le 115 – et dans toutes les catégories d’origines géographiques, plus seulement des élèves roms. On a cassé des tours à Bobigny, elles étaient moches d’accord, mais où doivent aller les gens ? C’est nous à l’école qui récupérons les cas d’enfants mal logés. Comment apprendre dans de telles conditions ? »

Et il n’y a pas qu’en banlieue que les enfants souffrent de la crise. Dans le documentaire Les Enfants du terril, diffusé récemment sur France 2, le réalisateur Frédéric Brunnquell, bien loin des banlieues, montre deux enfants qui habitent à Lens, dans un quartier désindustrialisé, paupérisé, des enfants pour qui l’école ne représente pas le moindre espoir. Là aussi, on est interpellé par le sentiment que la pauvreté se transforme en malédiction et que les filets de sécurité qu’on imagine encore exister en France fonctionnent mal, ou à peine.

« J’ai connu l’époque où la situation s’améliorait »

Si l’école souffre, elle aussi, d’une diminution des moyens, cela n’a pas toujours été le cas, souligne Véronique Decker :

« Je suis en Seine-Saint-Denis depuis 33 ans ! J’ai connu l’époque où la situation s’améliorait. Dans les années 1980, d’année en année, on avait plus de moyens, d’aides et de formation pour nous les profs. Et, même après la grande grève en 1998, nos moyens avaient encore augmenté – on avait même eu 4 000 postes dans le 93. En 2003, on a pris une claque après l’augmentation de l’âge du départ de la retraite – je vais faire neuf ans de plus que ce que je pensais quand on m’a embauché, ce n’est pas un “petit effort”. À partir de 2005, les moyens ont diminué de plus en plus. On a perdu des assistants d’éducation, des emplois de vie scolaire. Quand Sarkozy a supprimé la formation des enseignants, on a eu des vacataires sans formation qui enseignaient avec leur souvenir du Petit Nicolas de Sempé pour tout bagage pédagogique. »

L’école finit par reculer au lieu d’avancer. Faute de crédits municipaux, c’est maintenant vers des associations privées qu’il faut se tourner pour acheter… des livres pour la bibliothèque de l’école.

À l’heure où la pédagogie Montessori est tant à la mode, où la méthode de Singapour est encensée pour les résultats en mathématiques qu’elle permet d’obtenir – Véronique Decker rappelle que, pour faire des sciences et des maths, le matériel de manipulation est essentiel… or son école ne peut pas se le payer :

« Cela fait quinze ans qu’on est liés par les appels d’offre de la mairie qui ne permet pas d’acheter du matériel adéquat de manipulation pour les maths et les sciences. On est revenu aux idées que l’école c’est cahier/crayon/manuel ! Là aussi c’est une fondation privée qui m’a aidée à me procurer le matériel pédagogique adéquat. »

Est-ce une parole de militant ? C’est la parole de ceux qui fréquentent le terrain. Pour avoir travaillé comme professeure, mais aussi grâce à mes reportages dans des zones d’éducation prioritaire, je vois ce à quoi Véronique Decker fait référence, et je reconnais des élèves croisés dans mon parcours à travers les portraits qu’elle dessine. L’enseignante se défend d’ailleurs des a priori dont on pourrait taxer une enseignante engagée comme elle l’est – dans un type de pédagogie (Freinet) et appartenant à un syndicat (Sud éducation). Mais, pour écrire, elle est partie de ses observations :

« J’essaie de réfléchir à partir du réel et de ne pas plaquer des schémas. Quand on est prof, on voit aussi la violence sociale à travers l’expérience des enfants, on voit la réalité du monde. Les questions que je me pose c’est celle que me pose et qu’a me posé la réalité tout au long de ma carrière. J’ai des convictions mais jamais contre la réalité. C’est d’ailleurs la logique de la pédagogie Freinet que d’être dans le tâtonnement expérimental. »

Véronique Decker n’a pas de méthode miracle à vendre, elle n’a pas de solutions toutes faites, elle est armée de son humour – je l’ai entendue parler à une mère d’élève lors de notre entretien, c’était réjouissant – et de beaucoup d’optimisme. C’est l’un des invariants pour les adeptes de la pédagogie Freinet, l’optimisme. Je me suis donc dit que si elle-même était optimiste, nous ne devions pas être pessimiste, mais au moins réalistes. Cesser de parler des enfants de milieux populaires seulement à travers des inégalités d’apprentissage, comme si toutes les écoles avaient des moyens similaires, comme si les parents ne faisaient pas assez bien leur boulot de parents, comme si la violence économique ne comptait pas, comme si c’était seulement le problème de l’école. C’est le problème de tous.

Louise Tourret

L’École du peuple dans Le Café pédagogique

jeudi 1er juin 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Paru dans « Le Café pédagogique », 31 mai 2017.

Vous connaissez les haragas ? Véronique Decker, directrice d’une école Rep+ (éducation prioritaire) les connaît. Elle les présente dans son second livre, L’École du peuple, qui sort le 1er juin. Les haragas sont ces enfants rétifs à l’école, qui la traversent sans en profiter. Enfants de familles précaires, de foyers où l’insécurité règne. « Pour chacun d’eux il nous faudrait le double de temps, le double de personnel, le double de qualifications », explique-t-elle. La suite de Trop classe, paru l’an dernier, nous ramène ainsi à l’école de Bobigny. Véronique Decker n’a pas eu sa mutation et garde le gouvernail de sa grande école secouée par les vagues de la précarisation des familles… Un reportage tendre mais lucide d’une école qui sombre dans l’apartheid.

Ce nouveau livre nous fait toucher du doigt le quotidien d’une école de quartier populaire. Ce n’est pas forcément un quotidien triste. Il y a ces enfants qui viennent dire « merci » pour un bon moment passé à l’école. Il y a les anciens élèves qui n’ont rien oublié. Il y a tous ces petits regards qui brillent d’intelligence. Et toute l’empathie de Véronique Decker.
Mais c’est un quotidien misérable. Véronique Decker raconte le médecin scolaire absent, le Rased démantelé, la chaudière qui claque et l’école qui manque de tout.
Elle raconte aussi l’institution Éducation nationale. Il faut lire les pages qu’elle consacre au Plan de lutte contre les difficultés scolaires lancé en 2011. « On doit “poursuivre la mobilisation”. Pas eu le sentiment non plus d’une mobilisation générale… On doit “recevoir des préconisations”, mais on en a tout le temps, et souvent contradictoires au point d’avoir le tournis… Il faut. Il faut. Il faut. Je suis d’accord avec une bonne partie des préconisations… Mais je suis saturée de préconisations qui ne sont assorties d’aucun autre chemin que celui d’obéir à des ordres infaisables. » Tout est dit, non ?

Véronique Decker : « Ce qui est important c’est que les enfants soient élevés ensemble »

C’est quoi être directeur aujourd’hui dans un quartier populaire ? Véronique Decker montre comment l’école publique sombre. Pire. L’école publique semble condamnée à devenir l’école des pauvres. Regarder l’école c’est regarder une société se défaire…
 
Le livre raconte, au fil du souvenir, le métier de directrice d’une école Rep+ à Bobigny (93). Comment définiriez-vous aujourd’hui le rôle d’une directrice d’école en Rep+ ? C’est un travail d’assistante sociale ?

Je ne le définirais pas comme cela. Le travail du directeur c’est faire en sorte que l’école fonctionne. Et pour cela il faut se tenir au milieu d’un nœud de problématiques et il faut être capable de trouver les bonnes ressources pour les régler. Le souci du directeur c’est que ces ressources ont diminué. Donc le directeur se retrouve souvent seul face aux problèmes.
Il y a une vraie déperdition de l’entourage social de l’enfance. Or c’est ça qui faisait la grandeur de l’école publique. Les écoles avaient le sou de l’école et les municipalités étaient fières de donner à l’école. Aujourd’hui les élus ne le font plus.
On est entré dans la société du chacun pour soi. L’école publique est devenue l’école des autres, pas celle des enfants des élus. On est dirigé par des gens qui ne connaissent pas l’école publique. Macron par exemple ne la connaît pas. Il ne lui doit rien. Gageons qu’il ne l’aime pas.

On sait qu’il y a eu un plan et des millions versés pour la réforme de l’éducation prioritaire. Mais quand on vous lit, on a l’impression qu’à Bobigny, dans votre école, rien n’a changé. C’est vraiment le cas ?

C’est pire. Paradoxalement mon école REP+ a moins de moyens qu’avant quand elle était une simple ZEP, même pas ECLAIR ou RAR. Les moyens pour l’école se sont effondrés depuis les années 1990.
Je disposais de deux assistantes administratives et deux assistants d’éducation. On pouvait financer des projets grâce à des fonds venant de l’académie, du ministère de la Ville et de la municipalité. Aujourd’hui on ne reçoit plus rien de l’académie ou du contrat de ville. Je n’ai plus d’assistant d’éducation. J’ai quelques jeunes en service civique mais très peu formés. Quant à la ville de Bobigny elle ne donne que 7 500 euros pour toutes les écoles. Bobigny est une ville de 50 000 habitants…

Et sur le plan pédagogique ?

Je disposais de postes de Rased : un poste et demi de maître E, un demi-poste de maître G et un demi-poste de psychologue. Aujourd’hui j’ai un tiers de poste E. Le maître G on le voit de temps en temps. Le psychologue est seul pour 3 grands groupes scolaires… C’est la même chose pour le médecin scolaire : on est passé de 3 médecins à un demi-poste. Du coup il n’y a plus de visite d’entrée en CP pour les enfants. Et il n’y a plus d’assistante sociale. C’est Paris qui a les assistantes sociales. Nous on a les problèmes sociaux…
C’est la même chose pour l’environnement médico-social. Il y a plus d’un an d’attente pour un rendez-vous en centre médico-psycho-pédagogique. On n’a aucun pédopsychiatre en ville alors que beaucoup d’enfants ont vécu la guerre ou ont des histoires fracassées.
On a aussi beaucoup de problèmes d’orthophonie car de nombreux parents croient bien faire en parlant français à la maison mais le parlent très mal.
 
J.-M. Blanquer a annoncé le dédoublement des CP en utilisant les maîtres surnuméraires. C’est possible dans votre école ?

On est ravi d’avoir un poste de maître surnuméraire. Elle n’intervient déjà qu’en CP et CE1. L’enlever ce serait vraiment n’importe quoi ! C’est un dispositif intéressant qui permet de faire des petits groupes pour mener un projet. On décloisonne les classes et on entre en projet par exemple en lecture pour tous les CE1. En sciences, par contre, on a fait de la co-intervention. Cela a permis de mutualiser nos pratiques et de les harmoniser. Ce dispositif permet vraiment aux enfants de progresser.
Mais s’il s’agit de mettre deux enseignants en permanence dans la même classe c’est autre chose ! Je suis une instit Freinet. Si on me met dans la même classe qu’une instit traditionnelle je fais comment ? Où est la liberté pédagogique ?
D’autre part, il faudrait créer dans l’école 3 à 4 classes. Je ne sais pas où on prendra les enseignants. Vont-ils embaucher davantage de contractuels ?

Il y a aussi le projet de faire faire les devoirs à l’école. Qu’en pensez vous ?

Tout le monde a conscience que l’enfant qui rentre chez lui et qui vit dans un environnement sain avec des parents disponibles et éduqués n’a pas les mêmes conditions pour faire ses devoirs que celui qui vit dans un cadre malsain avec des parents en situation précaire.
Mais qui doit régler les inégalités sociales ? Est-ce l’école, en ne donnant plus rien à apprendre à la maison, ou la société en donnant des conditions de vie saines à tous les enfants ?
 
Faire le travail à l’école c’est une façon de régler ce problème d’inégalités…

Mais le faire avec qui ? N’est-il pas préférable d’avoir des études gratuites avec les enseignants de l’école comme cela existe déjà ? Le gouvernement envisage-t-il de décourager les jeunes professeurs ? Aujourd’hui ce sont eux qui font ces études du soir. Cela leur rapporte un modeste supplément de salaire versé par la mairie qui est indispensable pour vivre en Île-de-France. Si le ministère enlève cela aux mairies qui paiera les professeurs ? La moitié de mes jeunes professeurs vivent en colocation faute de pouvoir payer un loyer.
C’est quelque chose qui n’a même pas été perçu au ministère. Il prend des décisions nationales sans tenir compte des écarts sur le territoire. Nous, on est fatigué des zig-zags à chaque changement de gouvernement qui nous empêchent d’anticiper.
 
Ce nouveau livre s’appelle L’École du peuple. Pourquoi ce nom ?

C’est évidemment une référence à Vers l’école du peuple de Freinet. Mais j’ai pris aussi ce titre pour dire que l’école publique doit être l’école du peuple et pas seulement des pauvres. Il faut un vrai projet d’école unique pour le peuple.
L’important ce n’est pas la question de la réussite de chaque élève. Ce qui est important c’est que les enfants soient élevés ensemble. Qu’ils sachent qu’il y a des gens différents d’eux. Certains de mes élèves croient qu’il y a une mosquée dans chaque village en France…
Freinet d’ailleurs ne parle pas de réussite. Il parle de réflexion, d’émancipation et de solidarité. Je crois à ça. On s’en sortira tous ensemble ou pas du tout.

Propos recueillis par François Jarraud

Mirage gay à Tel Aviv dans Le Monde diplomatique

mardi 30 mai 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Paru dans Le Monde diplomatique, juin 2017.

Israël, comme tous les pays encore prisonniers des religions monothéistes, reste très homophobe. Mais Tel Aviv est une des capitales mondiales de l’homosexualité. Depuis quelques années, la propagande israélienne a mesuré le profit qu’elle pouvait tirer de la sympathie des gays occidentaux grâce à ce pinkwashing camouflage de l’occupation et de la colonisation de la Palestine. Cofondateur de Gai Pied, puis journaliste à Libération et à La Tribune, fin connaisseur d’Israël, Jean Stern était bien placé pour enquêter sur ce ripolinage particulier de la « marque Israël ».
Il en présente les acteurs et en éclaire les mécanismes : Gay Pride, chanteurs trans, campagnes de publicité, émissions de télévision, invitations – souvent refusées – de personnalités étrangères, films homosexuels grand public ou pornographiques et, bien sûr, déclarations démagogiques du Premier ministre Benyamin Netanyahou et consorts. Ce reportage n’oublie pas la Palestine, où les gays subissent à la fois l’oppression d’une société traditionaliste et le chatage des autorités d’occupation.

Dominique Vidal

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